« La langue n’est qu’un outil… » Entretien avec l’écrivain Jaroslav Melnik sur son œuvre et ses autotraductions

Autori

DOI:

https://doi.org/10.4000/16za9

Parole chiave:

plurilinguisme, autotraduction, Melnik, Jaroslav, écriture

Abstract

Jaroslav Melnik (Jaroslavas Melnikas en lituanien et Yaroslav Melnyk / Ярослав Мельник en ukrainien) est un écrivain de science-fiction surréaliste vivant à Vilnius, dont l’oeuvre s’inscrit dans plusieurs espaces linguistiques et culturels. Né en Ukraine occidentale, diplômé de l’université de Lviv et formé à l’Institut de littérature Maxime Gorki à Moscou, il écrit en lituanien, ukrainien et russe. Ses livres ont été traduits dans de nombreuses langues et ont reçu plusieurs distinctions internationales. Cette conversation, réalisée à l’automne 2025, porte sur son activité d’autotraducteur et sur les modalités concrètes de cette pratique. Melnik explique que ses oeuvres sont toujours d’abord écrites intégralement en lituanien et que l’autotraduction n’intervient qu’après la décision de les publier à l’étranger, parfois plusieurs années plus tard. L’ukrainien et le russe remplissent toutefois des fonctions différentes. Insatisfait d’une première traduction réalisée par un tiers, Melnik a commencé à traduire lui-même ses oeuvres en ukrainien, considérant ces textes comme de «seconds originaux». Ses versions russes, en revanche, répondent à une nécessité éditoriale: jamais publiées en Russie, elles ont servi de textes intermédiaires pour permettre la traduction et la publication de ses romans en France, faute de traducteurs disponibles depuis le lituanien. L’écrivain considère ainsi ses versions lituaniennes, ukrainiennes et russes comme des «versions d’auteur» et refuse d’établir entre elles une hiérarchie fondée sur leur statut d’original ou de traduction. Il accorde d’ailleurs peu d’importance à la visibilité de son multilinguisme dans les éditions, estimant que la langue n’est qu’un outil et que l’attention doit porter avant tout sur l’oeuvre. L’entretien aborde enfin les traductions allographes de ses livres, aujourd’hui disponibles dans de nombreuses langues: Melnik collabore avec ses traducteurs en répondant à leurs questions et en participant à la résolution de problèmes terminologiques. L’autotraduction apparaît ainsi comme une pratique essentiellement pragmatique, destinée à garantir la maîtrise du texte et sa circulation entre différents espaces littéraires.

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Riferimenti bibliografici

Melnik, J. (2013a): Далекий простір. Харків: Книжковий клуб «Клуб Сімейного Дозвілля».

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Melnikas, J. (2017): Espace lointain, trad. Margarita Barakauskaitė-Le Borgne. Villenave-d’Ornon: Agullo.

Melnikas, J. (2018a): The Last Day, trad. Marija Marcinkutė. Nothingham: Noir Press.

Melnikas, J. (2018b): Rojalio kambarys. Vilnius: Lietuvos rašytojų sąjungos leidykla.

Melnik, J. (2019): Далекий простір. Kyiv: А-БА-БА-ГА-ЛА-МА-ГА.

Melnik, J. (2023): L’Oiseau qui buvait du lait, trad. Michèle Kanh. Arles: Actes Sud.

Melnik, J. (2024): Je ne me lasse pas de vivre, trad. Laurence Foulon. Arles: Actes Sud.

Melnikas, J. (2025): Antim Din [अंतिम दिन], trad. Poonam Tiwari. New Delhi: Sahitya Akademi.

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Pubblicato

02.11.2026

Come citare

Maskaliūnienė, N. (2026). « La langue n’est qu’un outil… » Entretien avec l’écrivain Jaroslav Melnik sur son œuvre et ses autotraductions. Oltreoceano - Rivista Sulle Migrazioni, (25), 109–115. https://doi.org/10.4000/16za9