Felicia Mihali : portrait d’une autotraductrice intranquille

Autori

DOI:

https://doi.org/10.4000/16zaa

Parole chiave:

autotraduction, épitexte, hybridité, fidélité, créativité

Abstract

Cet article analyse la pratique de l’autotraduction chez Felicia Mihali, écrivaine roumaine qui écrit, traduit et publie ses propres oeuvres en trois langues: roumain, français et anglais. Avant son départ de Roumanie, elle publie trois romans; après son installation au Québec en 2000, elle adopte d’abord le français comme langue d’écriture afin de s’intégrer dans le champ littéraire québécois, puis l’anglais pour élargir son horizon et s’adresser à un lectorat nord-américain plus vaste. Plus récemment, son retour au roumain par l’autotraduction marque une réappropriation de la langue maternelle et une reconquête identitaire. Le maniement des trois idiomes lui permet ainsi de construire une oeuvre caméléonesque, dans laquelle chaque langue correspond à une étape de son parcours personnel et littéraire: le français devient langue de survie et de consécration, l’anglais langue de liberté et de renouvellement, tandis que le roumain représente le retour aux origines et à la mémoire de l’enfance. L’autotraduction apparaît tour à tour comme une stratégie de survie, une école d’écriture, un moyen de réinvention et de consécration littéraire, ainsi qu’un instrument permettant de renouer avec un public laissé derrière soi. L’étude ne porte pas directement sur les procédés textuels, mais s’appuie sur le paratexte, afin d’identifier les indices qui rendent visible ou, au contraire, occultent le processus autotraductif. À partir de la notion de «pacte autotraductif», l’analyse montre que Mihali attribue à ses oeuvres des statuts différents selon les langues, les périodes et les enjeux éditoriaux. Les premières versions françaises issues de textes roumains tendent ainsi à effacer leur origine et à se présenter comme de nouveaux originaux, facilitant l’entrée de l’autrice dans un espace littéraire plus puissant. Les transferts ultérieurs entre l’anglais, le français et le roumain affichent en revanche différents degrés d’hybridité, oscillant entre traduction déclarée et réécriture autonome. Le retour au roumain rend finalement l’autotraduction plus explicitement visible et devient un moyen de renouer avec les origines sans effacer l’identité littéraire acquise au Canada.

Downloads

I dati di download non sono ancora disponibili.

Riferimenti bibliografici

Beraru, N. (2021): Interviu cu scriitoarea Felicia Mihali: “Romanele mele sunt pline de astfel de Eve, prea epuizate de lupta cu menajul ca să se mai caute pe sine”. Timpul. Tiré de https://portal.revistatimpul.ro/timpul-belgia/interviu-cu-scriitoarea-felicia-mihali-romanele-mele-sunt-pline-de-astfel-de-eve-prea-epuizate-de-lupta-cu-menajul-ca-sa-se-mai-caute-pe-sine/ (Consulté le 28/12/2025).

Branea, D. (2022): O dublă identitate e ca o dublă calificare. Orizonturi culturale italo-române/Orizzonti culturali italo-romeni, 12, 5. Tiré de http://www.orizonturiculturale.ro/ro_intalniri_Felicia-Mihali-interviu.html (Consulté le 28/12/2025).

Burcea, D. (2022): Interview. Felicia Mihali: «Je n’ai jamais cessé de me battre. Je n’ai jamais croisé les bras». Lettres capitales. Tiré de https://lettrescapitales.com/interview-felicia-mihalije-nai-jamais-cesse-de-me-battre-je-nai-jamais-croise-les-bras/ (Consulté le 15/12/2025).

Casanova, P. (2008): La république mondiale des lettres. Paris: Seuil.

Eiben, I. N. (2017): Sur une visibilité de l’autotraducteur: Dumitru Tsepeneag et Felicia Mihali. Timişoara: EUV.

Eiben, I. N. (2024): L’exil, une “deuxième chance” pour Felicia Mihali?. Oltreoceano: rivista sulle migrazioni, 23, pp. 163-177. Tiré de https://journals.openedition.org/oltreoceano/4903 (Consulté le 28/12/2025).

Felice, M. (2019): «Traverser les frontières géographiques et littéraires». Felicia Mihali interviewée par Maura Felice. Oltreoceano, 15, pp. 93-100. Tiré de https://riviste.lineaedizioni.it/index.php/oltreoceano/article/view/58/49 (Consulté le 28/12/2025).

Ferraro, A. (2016): «Traduit par l’auteur». Sur le pacte autotraductif. In A. Ferraro & R. Grutman (Éds), L’autotraduction littéraire. Perspectives théoriques (pp. 121-140). Paris: Classiques Garnier.

Genette, G. (1982): Palimpsestes. La littérature au second degré. Paris: Seuil.

Genette, G. (1987): Seuils. Paris: Seuil.

Grutman, R. (2009): Self-Translation. In M. Baker & G. Saldanha (Éds), Routledge Encyclopedia of Translation Studies (pp. 257-259). London & New York: Routledge.

Grutman, R. (2015a): L’autotraduction: de la galerie de portraits à la galaxie des langues. Glottopol, 25, pp. 14-30. Tiré de https://glottopol.univ-rouen.fr/telecharger/numero_25/gpl25_01grutman.pdf (Consulté le 28/12/2025).

Grutman, R. (2015b): Francophonie et autotraduction. Interfrancophonies, 6. Numéro spécial P. Puccini (Éd.), Regards croisés autour de l’autotraduction (pp. 1-17). Tiré de http://interfrancophonies.org/images/pdf/numero-6/1_Grutman_Interfrancophonies_6_2015.pdf (Consulté le 28/12/2025).

Ionescu, M. (2013): Felicia Mihali: La chance d’écrire en trois langues. Dialogues francophones, 19, pp. 95-104.

La Fontaine, J. (s.d.): Les Fables de Jean de La Fontaine, Livres 5-8. La Bibliothèque électronique du Québec. https://beq.ebooksgratuits.com/vents/Lafontaine-fables-2.pdf (Consulté le 28/12/2025).

Oustinoff, M. (2001): Bilinguisme d’écriture et auto-traduction, Julien Green, Samuel Beckett, Vladimir

Nabokov. Paris: L’Harmattan.

Pastenague, E. (1989): Pigeon vole... Paris: P.O.L.

Risterucci-Roudnicky, D. (2008): Introduction à l’analyse des oeuvres traduites. Paris: Armand Colin.

Steiciuc, E.-B. (2007): «La rencontre avec la nouvelle langue s’est produite sur et dans mes textes». Entretien avec Felicia Mihali. Atelier de traduction, 7, pp. 15-23. Tiré de https://usv.ro/fisiere_utilizator/file/atelierdetraduction/arhive/AT/AT%20NUMEROS/AT%207/7_15-23_Felicia%20Mihali%20(Canada)%20en%20dialogue%20avec%20Elena-Br%C3%A2ndusa%20Steiciuc%20(Roumanie)%20%C2%AB%20La%20rencontre%20avec%20la%20nouvelle%20...pdf (Consulté le 28/12/2025).

Steiciuc, E.-B. (2013): «Le français est devenu un peu comme ma deuxième langue maternelle…». Entretien avec Felicia Mihali réalisé par Elena-Brânduşa Steiciuc. Revue roumaine d’études francophones, 5, pp. 173-180. Tiré de http://arduf.ro/wp-content/uploads/2021/03/Entretien-3.pdf (Consulté le 28/12/2025).

Tsepeneag, D. (1984): Le Mot sablier. Paris: P.O.L.

Downloads

Pubblicato

02.11.2026

Come citare

Eiben, I. N. (2026). Felicia Mihali : portrait d’une autotraductrice intranquille. Oltreoceano - Rivista Sulle Migrazioni, (25), 63–82. https://doi.org/10.4000/16zaa