«Ne tenir qu'à un fil». Le récit de soi dans le dispositif phototextuel de Sylvie Laliberté

Autori

Parole chiave:

autobiographie, intermedialité, phototexte, intimité, récit identitaire

Abstract

L’écriture autobiographique contemporaine, selon Claude Burgelin, cherche à tisser des liens entre le moi et l’extérieur, entre mémoire et présent, tout en explorant les limites de la littérature. Sylvie Laliberté, artiste québécoise d’origine italienne, incarne cette approche dans son phototexte Je ne tiens qu’à un fil. Mais c’est un très bon fil (2015). Le titre, à la fois ironique et fragile, évoque la précarité de l’existence et la résilience identitaire, symbolisées par un fil rouge qui traverse l’ouvrage. Dans un récit intermédial et fragmenté, Laliberté combine textes, images et objets pour composer une sorte de mythologie individuelle. Les pages alternent entre prose, aphorismes en lettres capitales colorées, et photographie. Cette fragmentation reflète la complexité du contemporain, où l’identité se construit par bribes, entre mémoire et quotidien. Le mot-valise « sylvielaliberté », écrit à la main en fil rouge, incarne son moi intime, distinct du « je » social. Ce dédoublement révèle une dialectique intérieure : une femme à la fois rebelle et vulnérable, attentive aux autres. Le fil structure le récit, reliant les fragments d’une vie. L’autrice explore son rôle de femme et sa place dans le monde avec une écriture, brève et poétique, condensée d’émotions et réflexions, mêlant banalité et profondeur. Son récit, entre ironie et mélancolie, montre comment l’écriture de soi devient un acte de résistance et de reconstruction permanente.

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Riferimenti bibliografici

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Pubblicato

27.02.2026

Come citare

Bricco, E. (2026). «Ne tenir qu’à un fil». Le récit de soi dans le dispositif phototextuel de Sylvie Laliberté. Oltreoceano - Rivista Sulle Migrazioni, (24), 113–123. Recuperato da https://riviste.lineaedizioni.it/index.php/oltreoceano/article/view/514